Des cartons dans le grenier...
 

Cartons de bouquins - Cartons de musique - Cartons de cinoche

 

24 novembre 2004 : Vous trouverez ici quelques notes de lecture et d'écoute. J'essaierai de suivre cette page autant que possible, au fur et à mesure de mes emprunts à la bibliothèque ou de mes (maigres) achats. Ne vous attendez pas à des analyses percutantes ou inspirées. Je suis un gars assez basique : j'aime ou j'aime pas. Après, le reste n'est que littérature, non ? Et franchement, je ne causerai que des bouquins que j'ai aimé... Bien sûr la liste ne sera pas complète puisque je ne présenterai que les livres lus à partir de maintenant, en laissant de côté le reste de ma bibliothèque - sauf si je me replonge dans des bouquins adorés...

 

Cartons de bouquins

Daniel Pennac, Comme un roman. Bon, je suis pas un fan de "littérature générale française". A chaque fois que je m'y suis risqué, j'a toujours été au mieux déçu, au pire dégoûté (si on veut bien omettre quelques perles tout de même, mais rien depuis au moins vingt ans !). Mais il y a un auteur dont je suis fan (quoi que je n'ai pas encore tout lu, loin de là), c'est Monsieur Pennac. Que ce soit sa série des Benjamin Malaussène, ses bouquins avec Tardi ou ses livres pour enfants (la série des Gaffobobo avec Ciccolini), je suis toujours prenneur de son écriture et, surtout, de ses histoires. Comme un roman n'est pas un roman mais ça se lit pareil. C'est une belle réflexion sur la lecture et aussi l'enseignement du français à l'école. C'est génial. Qu'est-ce qu'on s'y retrouve en tant que lecteur et ancien écolier.

Maurice Leblanc, Arsène Lupin, l'intégrale. Je viens de me replonger dans les aventures du célèbre gentleman cambrioleur. Qu'est-ce que c'est bon ! Qu'est-ce que c'est bien écrit ! Je n'en avais lu que quelques passages, quelques bouts éparts jusqu'à présent... mais là, c'est bonheur complet.

William Gibson, Tomorrow's Parties. Un chouette bouquin cyberpunk, assez court mais pas forcément facile à lire. Un chant choral à multiples personnages où chacun donne un petit bout de sa vérité. Au lecteur de reconstituer le puzzle, car rien n'est dit, rien n'est confirmé par l'auteur. Au final, un petit bijou de narration et une histoire qui laisse la porte ouverte à toutes les interprétations.

Cartons de musique

Jazz Express. En express, quelques titres comme ça qui tournent sur ma platine en ce moment et qui sont du pur jus de bonheur concentré : D'abord, le "69 96" du Magic Malik Orchestra et aussi le "Gambit" de Julien Loureau (que j'avais depuis un moment mais que j'avais laissé de côté au profit de "The Rise"). Ensuite une floppée de petites perles hard bop, du Cannonball Adderley avec John Coltrane (en live à Chicago), du Wes Montgommery ("Movin'Wes"), du Ahmad Jamal (en live aussi), une floppée de Herbie Hancock de toutes époques (y compris des headhunters à la pelle), du Miles énorme que j'avais pas écouté depuis la moitié de l'éternité (ah, le "bitches brew" !!!). Et puis aussi deux albums fabuleux que j'avais perdu depuis plus de dix ans et que j'ai enfin récupéré chez des potes : "Belonging" de Keith Jarret et Jan Garbarek, et "Momentum" de Steve Lacy. Voilà, joyeux noël !

Catalogue CTI. Là, je vous refourgue tout le catalogue. CTI est un label des années 70 qui a signé quelques belles pages de funk jazzy cool façon Starsky & Hutch. Là, j'ai pu récupérer un Deodato ("Prelude") sur lequel on entend une adaptation du AlsoSpratchZarathoustra de Strauss - Grandiose, kitch et ultra dansant. J'ai aussi un Lalo Shiffrin ("Black Widow"), un Stanley Turrentine et un Freddy Hubbard. Et surtout, surtout : GRANT GREEN. La putain de belle ouvrage que voilà. De la bonne guitare qui déménage avec tout ce qu'il faut derrière comme gros son '70. Du funk à la Shaft et presqu'en mieux. Bref, je conseille à écouter les yeux fermés dans sa chemise pelle à tarte préférée.

David Krakauer's Klezmer Madness ! The twelves tribes. Un mien ami antisémite (comme de juste, puisque tous les français sont antisémites dès lors qu'ils sont antisionistes, voire plus précisément antisharoniens et anti-impérialistes en général) m'a dit : "quand même les juifs, ils font deux trucs de bien : la bouffe et la musique !" Si j'opine pour la nourriture, je suis aussi très d'accord pour la musique quelle soit religieuse (la voix des chanteurs solistes dans les synagogues c'est quand même quelque chose, mazette !) ou festive (et si j'aime pas rika zaraï ou mike brandt(kignole), j'aime beaucoup Noah et aussi Minimal Compact). Là, c'est un bon disque mélangeant jazz et clarinette de bar-mitzvah, très entraînant, virtuose, prenant aux tripes. En plus, c'est chez Label Bleu qui a un catalogue aussi fort que celui de Blue Note.

Dennis Chambers+Bireli Lagrene+Dominique Di Piazza, Front Page. Attention, petits bras, passez votre chemin. Brillant, virtuose, halluciné et aussi très frais, voici un bon album pour convaincre les métalleux que ce sont des p'tites bites avec leurs branlettes sur guitare à deux balles. Un bon jazzrock aux racines hardbop bien profondes.

Julien Loureau, The Rise. Ce que je considère comme le meilleur album que j'ai écouté ces dix dernières années. Seul le morceau chanté (Contingo en la distencia) est un ton en-dessous, notamment à cause du manque de suavité de la voix de la chanteuse. Mais bon, de gustibus... A part ça, franchement, c'est immense. Un album incroyable dans ses ambiances et dans ses thèmes. Julien Loureau est inventif, mélodique, innovant tout en restant ancré dans le "son". Yabon tout plein.

Magic Malik Orchestra, 00-237 XP1. Depuis le morceau d'ouverture ("Passage à vide") à la rythmique flamboyante et au sax dévastateur, jusqu'aux nappes atmosphériques de "Alti-Plan" et sa mélodie toute douce, en passant par "Vienne" et sa rengaine qui se positionne doucement jusqu'à ne plus vous quitter, il n'y a rien à jeter dans cet album. La seule réserve est la "sous-utilisation" de Steve Coleman dans "So Nice" qui est une bien pâle copie du Love Supreme de Coltrane. Mais même là, ça reste du très bon.

Wes Mongomery, Full house : Après avoir perdu les deux cassettes que j'avais de lui, j'ai redécouvert cet incroyable guitariste presque dix ans plus tard, et pas avec le plus mauvais de ses enregistrements. C'est un live à San Francisco avec la section rythmique de Miles Davis (de passage en ville et libre ce soir-là). C'est immense, ça vibre de partout, il a ce son incroyable et les solos des uns et des autres sont particulièrement mélodiques et prenants. Ya bon !

Thelonius Monk, Straight No Chaser. Encore un classique entre les classiques. Quoi dire à part "Blong, Blang, Bling"... Non, j'exagère. Mais bon, Monk c'est le trait d'union entre Miles et Dolphy. Incontournable. (mais bon, en ce moment, je suis dans une phase hard bop assez prononcée.)

Bebel Gilberto, Tanto Tempo. Oh le beau disque que voilà. Je l'écoute presque en boucle tellement la voix de mademoiselle Gilberto est prenante. Les orchestrations sont juste comme il faut - même dans les morceaux les plus "easy listening", toujours parfaits sans devenir putassiers. Sans déconner, encore un album à mettre les yeux fermés (et les esgourdes grandes ouvertes) dans sa discothèque personnelle. (ici vous trouverez le site de la belle, avec quelques extraits de ses albums. Jugez sur pièce.)

Cartons de cinoche

The shield. Sans doute la meilleure série que j'ai jamais vu. Un ovni. L'histoire d'un commissariat de police à Los Angeles, où les ripoux ont du coeur et les mecs droits font de la politique. Bref du gris foncé pour tout le monde. A côté, NYPD Blue, c'est un dessin animé Disney époque Pocahontas.

Collatéral. Le dernier film que j'ai vu au cinoche, le troisième cette année (après The Last Samouraï, toujours avec Tom Cruise - je suis abonné - et Kiki la petite sorcière, que je n'avais jamais vu (ce fut d'ailleurs une mémorable séance de cinéma que je vous raconterai peut-être un jour...)). Fabuleux film de Michael Mann. Une histoire impeccable, une mise en scène fabuleuse, une gestion du rythme impressionnante, des cadrages magnifiques, des acteurs à la hauteur. Bref que du bon. Encore meilleur que Heat, et pourtant déjà, hein ?